02.07.2009

Vétérinaire ou Pharmacien, même combat : celui de la promotion de la santé publique vétérinaire.

Suite aux propos tenus par Monsieur Hamrouni, Président du Conseil de l’Ordre des Pharmaciens (COP) sur les colonnes de certains journaux nationaux, les vétérinaires tunisiens se sentent consternés et horrifiés par de tels propos.

D’abord, consternés car Monsieur Hamrouni,dans une quête de légitimité ébranlée par les dernières élections ordinales fait miroiter aux jeunes pharmaciens un avenir prometteur en leur proposant de s’installer dans les zones hors communes(IMADA)et de concurrencer les jeunes vétérinaires en proie eux à des difficultés professionnelles réelles.

Ces propos n’honorent pas leur auteur. Si des vétérinaires agissent de la sorte, ils enfreignent la loi et sont par conséquent condamnables. Pousser les jeunes pharmaciens à s’installer en masse auprès d’eux ne constitue pas l’ombre d’une solution. Nous pensons que Monsieur Hamrouni aurait mieux fait de s’attaquer à un problème autrement plus grave et aux conséquences désastreuses pour la santé publique, celui de la délivrance illégale des médicaments humains et vétérinaires sans ordonnance.

Pour revenir à la petite histoire de « juge et partie » il est prouvé actuellement que 90 p100 des antiparasitaires bovins sont vendus directement dans les officines faisant du pharmacien un véritable « juge et partie » qui prescrit et délivre sans avoir à le faire du moment qu’il n’a aucune connaissance des élevages concernés au moment ou le veterinaire a toute connaissance des dits élevages. Rappelons à Monsieur Hamrouni qu’actuellement en France une loi autorise les vétérinaires à prescrire et à délivrer des médicaments vétérinaires sans consultation mais reposant uniquement sur le suivi réalisé par le vétérinaire dans l’élevage concerné afin de garantir une denrée saine au citoyen consommateur**.

D’autre part les vétérinaires tunisiens sont horrifiés de voir Monsieur le President du COP et à chaque fois parler de « marge compensatoire », « manque à gagner » « les médicaments génériques font baisser notre chiffre d’affaires » en d’autres termes obsédé par ce que va lui ramener « sa boutique » au moment ou les instances gouvernementales font de leur mieux pour garantir au citoyen tunisien les meilleures conditions de bien être consécutives à de bonnes conditions sanitaires surtout par la mise en place de la CNAM et des médicaments génériques pour diminuer les dépenses de santé. Nous autres vétérinaires avons choisi de travailler dans l’optique gouvernementale et particulièrement en demandant à chaque fois d’être livré en médicaments dans les mêmes conditions que nos confrères pharmaciens (approvisionnement auprès des grossistes régionaux, prix….) dans le seul but de permettre aux éleveurs souvent en difficulté de minimiser les couts à la production et bénéficier de traitements raisonnés car seul et encore une fois, seul le vétérinaire est capable de prodiguer les meilleurs soins aux animaux en vue des performances technico économiques tant convoitées par tous les éleveurs tunisiens pour remettre une denrée saine entre les mains du consommateur tunisien indemne de résidus*** (antibiotiques….) y compris les denrées alimentaires d’origine alimentaire destinées à l’exportation tant nationale(unités touristiques) qu’ internationale.

Ceci etant, la voix de la raison se doit de prévaloir et le médicament vétérinaire ne sera délivré que par les vétérinaires et sur seule prescription vétérinaire comme c’est le cas dans plusieurs pays au monde y compris les pays membres de l’inter-ordre maghrébin (Algérie, Maroc, Lybie et Mauritanie) que Monsieur Hamrouni connaît bien.

Ceci étant toutes ces exigences professionnelles découlent des particularités physiologiques et anatomiques mêmes des animaux très différentes de celles de l’être humain.

Et « quand l’animal est bien soigné, l’homme est bien protégé ».

En conclusion, nous pouvons dire que veterinaire ou pharmacien notre combat demeure le même et reste celui de la promotion de la sante publique veterinaire.

*loi se rapportant à la pharmacie veterinaire 75 de l’année 1992.

**décret N°2007-596 du 24 avril 2007relatif aux conditions et modalités de prescription et de délivrance au détail des médicaments vétérinaires et modifiant le code de la sante publique (JORF du 26 avril 2007).

***art 37 de la loi75 de l’année 2005 se rapportant à l’élevage.

 

P/Le Bureau de la CSRMVLPNabeul

Le Président, Dr Bouslema Med Nejib



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